Le Locle et la mode ? Un couple difficilement imaginable. L’illustrateur de mode suisse François Berthoud les marie pourtant à lui seul.

Né au Locle, il côtoie les plus grands du milieu, de célèbres magazines, notamment Harper’s Bazaar, requérant ses services. Aperçu d’un métier méconnu du grand public.

Sensuelle parfois provocante, l’œuvre de l’illustrateur suisse, François Berthoud, semble utiliser la mode comme prétexte. Elle reflète d’une part une exploration de la figure féminine qui, certes, appartient au monde de la mode, mais va bien au-delà. Nul besoin, selon lui, de présenter un corps dans son intégralité. « Une partie pour le tout » pourrait être l’adage de l’artiste. Ce dernier envisage aisément des manches sans bras, laissant au vêtement la fonction de soulever la présence de la chair. François Berthoud isole dans une même perspective métonymique le portrait : il prône l’essentiel, sans rajout.

Les « beaux-arts » en 2014 ?

Le musée des beaux-arts du Locle a su réunir, jusqu’au 26 octobre dernier, l’art et la mode. La conservatrice du lieu, Nathalie Herschdorfer, explique ce mariage par le besoin de questionner la signification des « beaux-arts » à l’heure actuelle. Relever l’actuelle porosité des frontières artistiques étant l’un des buts recherchés. Un premier pas dans la prise de conscience d’un musée qui présente des objets qui n’y auraient, à première vue, pas leur place. Le choix de la direction s’est ainsi porté sur le travail de l’illustrateur de mode suisse afin de débuter, pour ainsi dire, un nouveau cycle d’expositions.

Photographie vs. Illustration de mode

Il est étonnant, comme le relève la journaliste Christine Gonzalez en interview* avec François Berthoud sur la 1ère, que la photographie n’ait pas « tué » l’illustration de mode. Du moins, pas entièrement. Ce dernier défend son métier en prônant une composante artisanale que la photographie n’intègre pas. En effet, si l’illustration de mode reste d’actualité, c’est parce qu’elle propose une histoire. La photographie aussi. Cependant, le monde du luxe se retrouve intimement lié à la première où le manuel se met au service de l’image. Car n’allez pas croire que François Berthoud se satisfasse du crayon et pinceau seulement. Ayant suivi des études de design graphique à Lausanne, il s’amuse de plusieurs techniques, aussi élaborées les unes que les autres, afin d’éviter à ses oeuvres, ce qu’il désignerait de « platitude ».

Percutante, sombre, mais vraie, l’exposition « Pour la mode » retrace le travail d’un Loclois qui a troqué comme terrain de jeu les forêts neuchâteloises contre la mode. Après Milan, New York, c’est aujourd’hui à Zurich, dans son atelier, qu’il reproduit sans cesse et fait renaître la femme pour la mode.

C.

*Vertigo, François Berthoud, « Pour la mode »

http://www.rts.ch/la-1ere/programmes/vertigo/5970030-francois-berthoud-pour-la-mode-14-07-2014.html

[Article written for L’article.ch]

[The English translation to come…]

 

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1 November 2014

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